Solidarité Srebrenica

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ASSOCIATION DES SURVIVANTS DE LA DRINA-SREBRENICA

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www.srebrenica-asds.com

Site réactivé le 11 avril 2006.

Rédaction : Permanence Srebrenica pour l'Association des survivant(e)s de la Drina-Srebrenica (ASDS). Tél. 0041/22/328.03.49 ou 022/349.36.06

Contactez-nous par notre e-mail : srebrenica@romandie.com

Soutien par notre ccp 12-7505-8

Adresse : Maison des associations. 15, rue des Savoises. 1205 Genève.

Arrêt bus 11, trams 13 & 15 : Place du Cirque, Plainpalais.

Président: Senaid Memic, tél.: 024/534.13.93 ou 076/414.85.21

Responsables Permanence Srebrenica : Ivar Petterson, tél. 022/349.36.06

                                                                        Patrick Naepflin 076/428.64.67
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S R E B R E N I C A

MARCHE INTERNATIONALE DE SOLIDARITE

du  8  au  11  juillet  2008


Nous vous invitons à participer à la Marche de juillet 2007, sur le chemin parcouru en 1995 par la colonne des 14.000 hommes obligés de fuir Srebrenica après l'attaque de la "zone protégée de Srebrenica" par les forces serbes et la trahison de l'ONU, qui n'a pas défendu Srebrenica. Symboliquement, nous empruntons ce parcours dans le sens du retour, par solidarité avec les réfugiés qui sont retournés sur leur terre; en partant de Nezuk (lieu d'arrivée, le 17 juillet, des 6500 survivants de la colonne partie de Potocari le 11 juillet 1995).

Nous passons par la vallée de Kamenica, le mont Udric, Konjevic Polje, Pobudje et arrivons le soir du 10 juillet à Potocari (100 km. en 4 étapes de 20 à 27 km. par jour).

Le 11 juillet, nous participerons à la Commémoration du génocide de Srebrenica au Mémorial de Potocari, où sont attendues 40.000 personnes.

Comment participer à la Marche ?

En vous inscrivant à l'adresse ci-dessous et si possible en participant à nos réunions.

Il y a des véhicules d'accompagnement pour le transport des bagages, et dépannage en cas de problème. L'hébergement est prévu chez l'habitant (des listes seront établies pour chaque étape).

Les trois passages dangereux (mines) sont bien signalés. Il n'y a eu aucun incident lors des Marches 2005 et 2006.

Un appel international à relayer :

La participation des internationaux est très attendue. En empruntant ce parcours, nous voulons rendre hommage aux milliers d'hommes sans défense tués dans leur fuite. C'est le plus important massacre commis après la seconde guerre mondiale; ceci dans la période finale du génocide subi par la Bosnie entre 1992 et 1995. En marchant au côté des Srebreniciens, nous voulons aussi apporter notre contribution à la résolution des problèmes actuels.

La région de Srebrenica a scandaleusement été laissée, par les Accords de Dayton, sous l'autorité de la "République serbe de Bosnie", installée par l'agression serbe de 1992.

Nous espérons que, pour la réussite d'un travail de médiation, les responsabilités de cette agression soient clairement reconnues pour que les différentes communautés puissent revivre ensemble dans le cadre d'une République de Bosnie-Herzégovine réunifiée et sans partition.

C'est pourquoi la participation de marcheurs de toute l’Europe et des anti-fascistes de Serbie, comme « femmes en noir », sont bienvenus.

Indications pour le voyage :

Départ  en bus de Lausanne le 5 juillet à 14h., 20 h. de voyage, fr. 200.-

Possibilité de retour à différentes dates.

N’hésitez pas à nous contacter !

Notre adresse :

ASDS c/o Permanence Srebrenica, Maison des Associations  15, rue des Savoises 1205 Genève

Tél. 0041/22/328.03.49 ou 0041/22/349.36.06 

Fax 0041/22/349.35.67   E-mail : srebrenica@romandie.com   Site  www.srebrenica-asds.com

CCP : 12-7505-8 (dons bienvenus).

Contact à Srebrenica . Sead Jahic, dir. tourisme & hébergement. Tél.-fax 00387/56/440.072

E-mail : tuors_srebrenica@yahoo.com

Talon d'inscription :

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Nom et prénom :                                                                                           Tél. :

Adressse :                                                                                                E-mail :

                          Je participe au voyage collectif :                                       

Je participe à la Marche sous ma responsabilité :                       

                                                                                                               Signature :       

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Tenir bon

 Cette année aura lieu, pour la troisième fois, la marche internationale du souvenir, en mémoire du massacre de Srebrenica. Plus largement, cette marche symbolique commémore le génocide subi par les Musulmans de Bosnie entre 1992 et 1995, à la suite de l’agression de la Bosnie par les tchetniks soutenus par Milosevic et Karadzic. On se souvient qu’au tout début de la guerre déclenchée par Belgrade, les Croates ont de même été victimes de l’agression des tchetniks et de leurs milices, à Vukovar d’abord en 1991, puis en Bosnie centrale.

Bien que ces faits soient avérés depuis longtemps, l’ONU et la communauté internationale persistent à nier la responsabilité de Belgrade dans le déclenchement de la guerre ainsi que l’idéologie national-communiste, authentiquement raciste, au pouvoir à l’époque. Et la Cour internationale de justice a cette année encore refusé de reconnaître la responsabilité de la Serbie, accusant seulement celle-ci de n’avoir « pas empêché la chute de Srebrenica ni les actes de barbarie innommables qui s’en sont suivis ». Quelle ironie ! N’est-ce pas justement l’ONU, missionnée pour protéger les populations civiles réfugiées dans ses « sanctuaires » ou « zones de sécurité » – Srebrenica, Gorazde, Zepa – qui n’a « pas empêché » ce massacre ? N’est-ce pas justement l’ONU qui n’a pas respecté les termes de la résolution 838 du Conseil de sécurité (1993) ? Les juges de la Cour internationale de justice connaissent-ils les événements avec la précision nécessaire pour en juger ? Se rendent-ils compte qu’ils reprochent à la Serbie ce qui, de fait, relève de la responsabilité des troupes de l’ONU ? Et mesurent-ils leurs propres responsabilités historiques lorsqu’ils déboutent la Bosnie de sa demande ?

S’ils ne les mesurent pas encore, c’est donc à nous, qui avons suivi les événements de près et savons ce qui s’est passé, de les aider à les mesurer et de soutenir les populations de Bosnie dans leur demande de justice. En un mot, il ne faut pas se décourager mais au contraire tenir bon, jusqu’à ce que justice soit véritablement rendue. Il faut tenir bon non seulement au nom des morts et pour les survivants, mais pour les générations à venir. Pour éviter ces falsifications catastrophiques de l’histoire qui ont nourri la propagande guerrière des tchetniks, il faut obtenir que la responsabilité de Belgrade soit reconnue, aujourd’hui comme hier. Et il faut y travailler avec ceux qui, en Serbie, reconnaissent les crimes et tiennent bon, eux aussi, et n’acceptent pas les prétendues « raisons d’État » derrière lesquelles se dissimulent d’inavouables compromis qui justifieront demain de nouveaux crimes.

En démocratie, la raison d’État n’est pas différente de la raison des citoyens que cet État représente. Et la raison des citoyens exige que la justice soit dite et rendue, pour qu’un travail de mémoire puisse commencer en Serbie, en Bosnie, en Croatie, au Kosovo.

Comment le peuple serbe a-t-il pu être entraîné à agresser tous ses voisins ? Comment a-t-il pu croire ce que racontaient ses chefs et ses idéologues dont  certains, aujourd’hui, sont encore au pouvoir ? Telle est la question actuelle. Et la réponse à cette question n’est ni « ethnique », ni « génétique », elle est simplement historique et mémorielle. Milosevic et ses alliés se sont livrés, dès la fin des années 80 du siècle dernier, à une manipulation de la mémoire collective éhontée. Et cette manipulation a été rendue possible par les années de totalitarisme communiste et par l’interdiction, qui était alors la règle, de faire sur la Deuxième Guerre mondiale le travail de mémoire nécessaire qui s’est accompli entretemps dans les autres démocraties européennes, comme l’Allemagne de l’Ouest et la France. Quant aux « internationaux », connaissant généralement fort mal l’histoire de la Deuxième Guerre mondiale dans l’espace ex-yougoslave, ils ont souvent pris pour argent comptant la propagande tchetnik, malgré les nombreux articles et les livres que nous publiions en France dès cette époque. Beaucoup d’erreurs politiques de nos gouvernements, des erreurs majeures, viennent de ce que nos responsables ont cru nos diasporas serbes, majoritairement nationalistes et qui soutenaient ouvertement Milosevic.

Aujourd’hui, quinze ans plus tard, ces mêmes responsables internationaux ont beaucoup appris sur la véritable histoire de ces pays, grâce aux travaux des chercheurs mais aussi grâce à la publication de nombreuses traductions de documents historiques, restés jusqu’ici ignorés des milieux savants européens comme, a fortiori, des milieux politiques. Et un certain nombre d’entre eux désirent aussi construire la paix en Bosnie. Mais comment faire, quand les manipulations de la mémoire se perpétuent et quand la Cour internationale de justice elle-même ne reconnaît pas ce qui s’est passé sous nos yeux ?

Il faut tenir bon et continuer de faire valoir ce qui est juste. Et il faut le faire avec le soutien de tous ceux qui, serbes, croates, bosniaques, albanais, désirent comprendre comment cette guerre déclenchée par Belgrade a été possible, et surtout veulent s’engager ensemble, avec les jeunes générations, dans un travail de mémoire pour éviter qu’à l’avenir, de telles violences se reproduisent.

Il est donc capital aujourd’hui de ne pas démissionner mais de tenir bon sur tous les fronts, chacun à sa place et avec ses compétences. Sur le front juridique international, des associations de juristes se mobilisent pour faire progresser cette justice internationale encore balbutiante. Agnès Casero, une avocate de Toulouse, a elle-même tenté un procès contre l’ONU, en réparation, pour les familles victimes de Srebrenica. Pour le moment, son action juridique rencontre des obstacles techniques, les différentes juridictions considérant qu’elles ne sont pas compétentes, mais elle poursuit néanmoins son action, comme le font d’autres juristes dans différents pays d’Europe. Quant à l’ONU, elle se contente de dénier ses propres responsabilités et de regretter que la « communauté internationale » n’ait pas « fait davantage pour empêcher la chute de Srebrenica ». Ce système schizophrénique où apparaît en pleine lumière l’irresponsabilité d’une Organisation des Nations Unies qui n’assume pas ses propres décisions tout en se défaussant sur une fantomatique « communauté internationale », ne doit pas nous arrêter, bien au contraire : ces aberrations institutionnelles doivent stimuler notre combat, qu’il faut poursuivre sans relâche par les voies légales en rappelant les faits, pour obtenir finalement que les décisions prises par le Conseil de sécurité engagent pleinement la responsabilité de ce Conseil. En un mot, il faut continuer de plaider, inlassablement, pour que la responsabilité partagée entre Belgrade et l’ONU soit reconnue, et pour que les familles victimes de Srebrenica soient finalement indemnisées. Car c’est ce combat qui permettra aussi à la justice internationale de progresser et de poser, en Bosnie et dans les pays voisins, les bases de la réconciliation.

Ce front juridique est étroitement lié au front politique. Dans la perspective de l’entrée de tous ces nouveaux pays dans l’Union européenne, l’Europe peut-elle accepter la partition de la Bosnie entérinée par les accords de Dayton, sur des bases prétendument « ethniques » ? Les valeurs européennes peuvent-elles, malgré les procès du TPIY et les enquêtes menées depuis plus de dix ans, s’accommoder d’une victoire territoriale des tchetniks au prix du génocide ? Nous sommes encore nombreux en France à militer pour la réunification de la Bosnie et pour un travail de mémoire avec les Serbes qui le désirent et savent que la cause et le combat de Mladic, de Karadzic et de Milosevic étaient criminels. Car nous savons que la réconciliation n’aura jamais lieu sans la reconnaissance par tous des responsabilités réelles (qui ne sont pas équivalentes de tous les côtés), et sans le travail de mémoire commun qui s’ensuivra et la cimentera.

Sur le front associatif, des regroupements sont en cours, les liens se resserrent entre les militants fidèles, qui n’ont pas abandonné le combat pour la justice et qui ont décidé d’allier leurs forces pour continuer à informer le public et apporter, ici et là-bas, aide et secours aux réfugiés, aux déplacés et à leurs familles.

Sur le front intellectuel enfin, il serait temps que les intellectuels européens prennent conscience de ce qui s’est passé en Croatie d’abord, puis en Bosnie et au Kosovo, et s’unissent pour peser, dans les médias et sur leurs propres gouvernants, pour que la politique européenne dans les Balkans corresponde enfin aux valeurs que l’Union européenne prétend défendre. Depuis la fin de la guerre ouverte, nos intellectuels médiatiques, happés par d’autres terrains guerriers, se sont quelque peu désintéressés des Balkans. Seul a surnagé, en France, Peter Handke, qui osait prétendre encore en 2006, sur la tombe de Milosevic, ne pas savoir ce qui s’était passé... En France, malgré le travail accompli, le débat démocratique de fond tarde à s’ouvrir. Mais nous continuons à travailler, à publier des ouvrages dont la presse ne rend pas compte et à nous faire refuser des articles, comme la presse nous les refuse depuis 1991. Ces silences et ces refus feront aussi partie de l’histoire, comme font partie de l’histoire les silences de l’opinion publique serbe depuis 1991, silences dénoncés à juste titre et avec courage par les Femmes en noir de Belgrade, lors du quinzième anniversaire de la chute de Vukovar. Pourquoi les médias occidentaux refusent-ils de relayer des travaux qui permettent aujourd’hui, documents historiques à l’appui, de mesurer les responsabilités internationales et d’éclairer les mécanismes de cette guerre qui a abouti au génocide des Musulmans de Bosnie ? Pourquoi les intellectuels médiatiques naguère engagés se taisent-ils justement au moment où s’expriment, après des années de travail, des propositions constructives fondées sur de nouvelles analyses ? La réponse leur appartient.

Après la Deuxième Guerre mondiale, personne en Europe ne voulait savoir ce qui s’était passé. Personne ne voulait entendre ce que les Juifs survivants avaient à dire. Et ceux qui écoutaient leurs témoignages n’osaient les croire.

Les êtres humains n’ont pas changé. Ils ont en commun qu’ils détestent reconnaître leurs propres responsabilités et préfèrent généralement se faire passer pour des héros innocents tout en faisant porter aux autres la responsabilité de toute la faute. Malgré ce trait partagé par la plupart, le travail de mémoire a finalement pu s’accomplir. Parce que les Juifs ont tenu bon et travaillé avec acharnement, sans se lasser ni se laisser décourager par les innombrables obstacles qu’ils rencontraient. Comme eux et avec ceux d’entre eux qui y travaillent, au nom de cette mémoire-là justement, les habitants de Bosnie doivent tenir bon pour que justice leur soit rendue, et faire alliance avec les Croates de Croatie qui ont aussi besoin de justice, et avec les Serbes courageux qui ont le courage de reconnaître les responsabilités de Belgrade. L’avenir de la réconciliation et de la paix est du côté de cette alliance-là. Il reste à élire des responsables politiques qui le comprendront et travailleront clairement dans ce sens. Et il reste à convaincre les Européens que cette page de l’histoire balkanique ne se tournera pas tant qu’elle n’aura pas été explorée et comprise, tant qu’un travail de mémoire en profondeur ne sera pas entrepris avec les jeunes générations, et tant que justice ne sera pas rendue à la mémoire des morts de Vukovar comme de Srebrenica et de toutes les villes de Croatie, de Bosnie et du Kosovo qui ont subi la politique de conquête et d’extermination déclenchée par Belgrade.

Louise L. Lambrichs

À Paris, le 1er juin 2007


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BILAN MARCHE SOLIDARITE INTERNATIONALE SREBRENICA 2006 :


Cette deuxième Marche internationale de solidarité Srebrenica est partie cette année de Nezuk. Ce village en Fédération (sur l'ex-ligne de front à l'est de Tuzla), a accueilli le 18 juillet 1995 les survivants de la colonne partis de Potocari le 11 juillet, après la bataille pour franchir les lignes du front tenu par les nationalistes Serbes.

Au départ, le matin du 7 juillet, nous étions 700 participants et un peu plus à l'arrivée à Potocari, après un parcours d'environ 105 km., soit entre 25 et 30 km par jour.

Cette Marche, qui suit le tracé de la colonne de 1995, est appelée en Bosnie-Herzégovine  « protestni pohod ;  mars smrti- put slobode »  : Marche de protestation ; route de la mort, chemin de la liberté. Seul un tiers des 14.000 hommes au départ sont arrivés à destination.

La Marche est préparée par un Comité de 15 responsables d'associations, présidé par Ramo Dautbasic, adjoint au Maire de Srebrenica, et principal organisateur de la Marche.

Celle-ci constitue un hommage aux victimes des embuscades, des mines et des bombardements au cours de ce long chemin vers la liberté et aux nombreux civils capturés et sommairement exécutés par les "tchetniks" (nationalistes Serbes).

Nous voulons aussi apporter notre solidarité aux campagnards, violemment chassés de chez eux en 1993, et qui depuis quelques années, reconstruisent leurs maisons, re-cultivent leurs champs et redonnent vie à leurs belles vallées, collines et montagnes. Cette Marche constitue un trait d'union entre tous ces hameaux isolés.

Marcher dans le sens du retour constitue une protestation contre la monstruosité des Accords de Dayton, qui met illégitimement toute cette région sous le contrôle de la "République serbe de Bosnie", malgré la reconnaissance internationale du génocide de 1995.

Il est nécessaire de revenir à une Constitution instaurant – suivant les principes seuls recevables en Europe - une stricte égalité entre les trois communautés, bosniaque, croate et serbe, sur l’ensemble du territoire de la Bosnie – et non une subordination des deux premières à la troisième, comme actuellement.

La Marche se termine, le 11 juillet, par la Commémoration de Potocari, événement important qui rassemble toute la communauté autour des familles endeuillées, qui viennent parfois de loin pour enterrer leurs proches : en 2005, 620 victimes, cette année 505, grâce au travail de recherche des charniers et d'identification ADN.

L'an passé, la police bosno-serbe avait bloqué l'accès à Potocari de cars transportant une partie des familles endeuillées. Cette année, il n'y a pas eu d'incident.

ORGANISATION DE LA MARCHE :

Ce sont des volontaires (en civil) de l'Armée bosniaque (Fédération) qui assurent la logistique de la Marche, montent de grandes tentes à chaque étape, fournissent des sacs de couchage et des nattes, ainsi qu'un petit-déjeuner et le repas du soir. Et il y a même de l'électricité.

La Ville de Tuzla contribue par un camion d'eau potable et une équipe de secouristes.

Les Villes de Genève et de Lausanne ont offert (comme l'an passé) 5000 frs. et 1000 frs, (environ 4000 euros), ce qui a permis de financer des travaux de réfection du chemin et les repas.

Il pourrait y avoir plus d'arrêts dans des lieux marqués par des évènements tragiques, avec un moment de recueillement pour les victimes et des explications plus détaillées, ainsi que des témoignages, nt. à destination des jeunes qui cette année étaient assez nombreux mais ne paraissaient pas très bien instruits des événements qu’ils venaient commémorer. La vocation didactique de cette Marche est importante.

Il serait nécessaire de constituer un Service d'ordre, avec des brassards reconnaissables. Des jeunes s'amusaient, dans les dernières étapes, à crier "Allah akbar" lorsque la Marche croisait des policiers bosno-serbes, ce qui n’est pas dans l’esprit de cette Marche.

La rédaction d'un texte d'explication sur le sens de la Marche, traduit  en plusieurs langues, est nécessaire. Le dépliant distribué cette année ne contenait que des indications pratiques.

Une dimension importante est l'élaboration de projets par les contacts noués avec les habitants au cours de la Marche. A Nezuk, nous soutenons le projet d'un Centre culturel élaboré par des jeunes. Et à Pobudje, nous soutenons la formation d'une association de développement locale (matériel informatique, réfection du chemin, service médical, réfection du stade, etc.).

Nos amis là-bas nous disent que le lien et le support moral que nous leur apportons est très précieux pour eux, et leur donne plus d'assurance dans une situation où l'insécurité du lendemain est un sentiment prédominant. Ayant été trahis pat l'ONU, ils savent que le soutien des institutions internationales est aléatoire; alors même qu'ils se sentent et sont européens.

C'est pourquoi il serait important de renforcer la participation des Européens à la Marche au cours de ces prochaines années, dans le but aussi de multiplier les jumelages et les projets de développement.

Notre petit groupe franco-Suisse ne passait pas inaperçu. Il y avait aussi des italien-ne-s. Nous avions la chance, à chaque étape, de loger chez l'habitant et de jouir ainsi de commodités.

Les chemins et sentiers sont équivalents à ceux du Jura et n'offrent pas de difficultés particulières, si ce n'est la longueur des étapes. Mais des véhicules peuvent servir d'appoint sur le 2/3 du parcours.

Deux films ont été tournés au cours de la Marche.

A Genève, nous montons une expo photo.

Un DVD de 35 min a été réalisé par Louise Lambrichs sur la Marche 2005.


Ivar Petterson, coordinateur Association des survivants de la Drina-Srebrenica.

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Présentation de l'Association des survivants de la Drina-Srebrenica (ASDS) :

Elle a été fondée en janvier 2000 à Yverdon par une centaine de Srebreniciens, avec l'appui de quelques Suisses. Elle a pour but de :

       · réunir tous ceux et celles qui viennent de la région de Srebrenica (nord-est de la Bosnie).

       · s'engager dans la recherche de la vérité sur la tragédie de Srebrenica et de mener un travail de                           mémoire,  notamment par le recueil de témoignages.

       · veiller que les engagements pris par la communauté internationale lors des Accords de Dayton                            soient effectifs, notamment dans la restitution des biens confisqués.

       · soutenir les institutions internationales qui s'occupent de l'arrestation et du jugement des criminels                      de guerre, en tant que contribution à la paix en Bosnie-Herzégovine.

       · demander aux autorités la reconnaissance de droits humanitaires pour tous les survivants.

       · mener des activités culturelles avec les associations bosniaques en Suisse.

       · coopérer avec les associations qui ont des buts similaires, notamment la promotion d'une  République de Bosnie-Herzégovine réunifiée.

L'Association de la Drina-Srebrenica compte environ deux-cents membres et nous sommes reconnus comme interlocuteurs parmi par les autorités des Cantons de Genève et Vaud (Permis de séjour, appuis pour la Marche).

La situation dans d'autres cantons où les réfugiés de Srebrenica ne sont pas organisés est beaucoup plus difficile.

En 2002, nous avons mené une lutte contre des renvois ou expulsions vers l'Australie et contesté la notion de "régions où leur ethnie est majoritaire" concernant les retours que nos autorités voulaient effectuer vers d'autres régions de Bosnie.

Premièrement, il ne s'agissait pas d'une "guerre civile inter-ethnique", comme on continue de nous le faire croire, mais bien d'une agression menée par les forces Serbes contre la République de Bosnie-herzégovine nouvellement créée.

Secondo, nous nous basions sur l'annexe 7 des Accords de Dayton qui reconnaît le droit de retour dans les Communes où habitées par les réfugiés avant la guerre.

Notre rôle est complexe : Nous devons à la fois essayer de contribuer aux changements qui puissent permettre le retour dans la sécurité et la dignité dans la région de Srebrenica, ce qui n'est pas encore le cas et contrer des renvois que nous jugeons prématurés.

Si le HCR considère également la situation de la région de Srebrenica, comme problématique, le gouvernement Suisse estime au contraire que la Bosnie est un "pays sûr".

Nous intervenons donc pour soutenir les Srebreniciens menacés de renvois. La lutte la plus longue et la plus intense a été celle dite des "523" menée dans le Canton de Vaud au côté de la Coordination asile-Vaud, dont nous sommes membre. Mais contrairement à la majorité des membres de la Coordination, nous avons toujours répondu favorablement aux possibilités d'explication et de négociations avec les autorités. Ceci surtout en constatant l'ignorance sur le sujet, à tous les niveaux. C'est ainsi que notre Association était représentée au Groupe d'analyse qui a existé entre janvier et avril 2005, afin de trouver une solution aux renvois.

Parmi les projets mis en place par le Groupe d'analyse sur l'initiative des Eglises et du Parti socialiste : le partenariat solidaire, destiné à soutenir les réfugiés dans leurs choix, soit vers le retour, soit vers l'intégration.

Il n'est pas évident de faire comprendre aux réfugiés Srebreniciens qui veulent rester ici qu'ils doivent faire preuve d'une certaine cohérence et donc sortir de leur isolement et passivité. Le statut de victime n'est plus suffisant. Pour rester ici, il faut pouvoir répondre aux critères d'intégration, ce qui n'est pas évident du fait que ces critères ne sont pas encore clairement définis par les autorités et qu'il subsiste un certain nombre d'incohérences. Par exemple, les interdictions de travail qui ont touchés quelques-uns de nos membres menacés dans le Canton de Vaud et qui permet ensuite à l'UDC de dire que "tous ces réfugiés sont à l'assistance".

Suite à une renégociation du dossier avec Blocher, chef du Dpt. fédéral de Justice & Police, il est maintenant procédé depuis mars 2006 à des auditions pour juger du degré d'intégration de ces familles et le travail est considéré comme un facteur important de l'intégration.

Mais il est également incohérent que cette communauté, relativement importante par rapport à d'autres, ne soit pas représentée dans les organes d'intégration…

Sans doute, le dépassement de cette situation de repli aurait été plus rapide si plus de Suisses se seraient investis dans cette cause. Par exemple, très peu de non-bosniaques ont participés aux Marches commémoratives de Srebrenica organisées depuis l'été 2000 autour du 11 juillet, sur la distance symbolique de 80 km. en trois jours (distance correspondant aux 80 km.que la colonne en fuite de Srebrenica a parcouru jusqu'à la zone libérée de Tuzla en 1995).

Trois Marches ont ainsi été organisées entre Yverdon et Berne par Morat et deux entre Romainmôtier et Genève, sans beaucoup d'échos dans les médias.

Pourtant l'existence de cette Marche en Suisse entre 2000 et 2004 a été déterminante dans l'organisation de la Marche de 2005, par les Srebreniciens, sur le parcours réel de juillet 1995 dans la région de Srebrenica.

LA TRAGEDIE DE SREBRENICA (1992-1995) :

Durant le mandat de l'ONU (mars 1993-juillet 1995), beaucoup d'habitants des villes et villages environnants, fuyant les massacres exécutés par les groupes para-militaires serbes, se sont réfugiés à Srebrenica, libéré en mai 1992 par Nasser Oric.

En juillet 1995, il y avait 42.000 habitants et réfugiés, vivant dans des conditions très précaires. Malgré le statut de "zone protégée par l'ONU", ceux-ci subissaient par intermittence des bombardements meurtriers et le ravitaillement en vivres était soumis à un blocus des forces serbes qui entourait Srebrenica.

L'offensive des forces serbes, commandées par le Général Mladic, lancée au début juillet 1995, aurait pu être contrée par les forces internationales si une volonté politique existait réellement au niveau international. Quelques résistants bosniaques ont tentés de freiner l'offensive, mais leurs moyens étaient extrêmement limités du fait qu'ils avaient été désarmés en 1993 en échange de la protection de l'ONU.

Le commandement du contingent de Casques bleus hollandais a ordonné aux bosniaques de cesser toute tentative de résistance vu que des bombardements aériens allaient être opérés. Or ceux-ci n'ont jamais eu lieu, le contingent hollandais et les srebreniciens ont été abandonnés à leur propre sort.

Le 11 juillet, jour de la chute programmée de Srebrenica, les femmes, enfants et blessés, accompagnés de quelques hommes et infirmiers se sont réfugiés dans la base de l'ONU de Poocari (à 5 km. de Srebrenica). Les femmes et enfants ont été ensuite acheminés en autocars vers Tuzla. Mais presque tous les hommes accompagnant, et aussi quelques femmes, ont été massacrés sur place sur ordre du général Mladic.

Le 11 juillet, 14.000 hommes avec à leur tête quelques résistants armés, se sont rassemblés au nord de Srebrenica et ont entamés de nuit une marche de plus de huitante kilomètres, au travers de territoires pris par l'ennemi en 1993, pour rejoindre Tuzla.

Harcelés par l'armée serbe, mitraillés, bombardés et victimes de gaz neurotoxiques, seuls 6050 d'entre-eux ont survécus à ces six jours de marche, quasi sans repos. Ils ont été aidés, pour finalement franchir les lignes serbes, non pas par l'ONU ou l'armée bosniaque, mais par des volontaires rassemblés par Nasser Oric, le commandant de Srebrenica qui se trouvait depuis un mois à Tuzla. Nasser Oric avait dirigé en mai 1992 la libération de Srebrenica, occupée durant un mois par les milices d'Arkan, lors de l'offensive venue de Serbie au tout début avril 1992.

Naser Oric est actuellement emprisonné à La Haye, sous l'accusation de participation à l'attaqué de villages serbo-bosniaques voisins lors d'une contre-offensive bosniaque en 1993.

Mais il faut relever que contrairement aux criminels de guerre tels que Karadzic et Mladic, il a eu le courage de se rendre de lui-même au Tribunal du TPI à La Haye.

Toute la région de la Basse-Drina était avant 1992 en majorité bosniaque (Musulmane) à 76%. Maintenant, à l'exception de Gorazde, l'offensive serbe d'avril 1992 et sa pratique du génocide a modifié les données. La population qui était majoritaire avant 1992 est maintenant largement minoritaire.

Toute cette région est tombée sous le contrôle de la "République serbe de Bosnie", injustice flagrante dans la mesure où les promoteurs de celle-ci sont Karadzic et Mladic.

LA PROBLEMATIQUE BOSNIAQUE :

C'est pourquoi, nous sommes pour la recréation d'une seule République de Bosnie-Herzégovine, avec des droits égaux pour tous ses citoyens et communautés.

Pour mettre fin à la guerre, les grandes puissances ont imposés, fin 1995, les "Accords de Dayton" qui ont entériné la division de la Bosnie en deux entités: "Fédération" et "République serbe". Ceci empêche tout développement social et économique et paralyse la viabilité de la Bosnie-Herzégovine. Ainsi, toutes les décisions importantes sont prises par une sorte de "Protectorat international".

Ce "Protectorat" peut prendre, à première vue, des décisions positives; mais la façon même dont ces décisions sont prises ne favorise par un processus de maturation politique.

La domination de l'idéologie ultra-libérale au niveau mondial fragilise encore plus la société bosniaque, en cassant les solidarités sociales et ce qui reste des entreprises.

Et tant en Bosnie qu'en Serbie, les instances internationales ne favorisent pas un travail de médiation. Reéditant l'erreur commise par Tito (qui avait pris comme option, après-guerre, de ne plus en parler du passé) tout est fait aujourd'hui pour oublier; préparant ainsi les conditions d'une nouvelle résurgence du fascisme serbe.

L'option de l'oubli empêche de fait toute prise de conscience, toute auto-critique et entrave la mise en œuvre d'un réel processus de réconciliation et de pardon.

Les instances internationales ont évidemment tendance à se protéger elles aussi. En effet, l'analyse des causes de la guerre montrent à l'évidence que le fascisme serbe n'est pas seul en cause. Outre les complicités du régime de Tudjman dans le projet de partage de la Bosnie (1991), la France, la Grande-Bretagne et les USA ont largement favorisé l'offensive serbe, ne serait-ce que par l'imposition de l'embargo sur les armes, imposé illégalement à la République de Bosnie-Herzégovine (comme le reconnaîtra Kofi Annan en 1999).

On peut dire que l'Europe a participé, directement ou indirectement, à deux génocides en un demi-siècle : L'un contre les juifs, l'autre contre les Bosniaques Musulmans.

 

LE PROBLEME DU RETOUR A SREBRENICA :

Bien que le Maire de Srebrenica soit actuellement Bosniaque (Musulman), seule une minorité de la population jadis majoritaire a pu ou voulu retourner. Les Bosniaques constituaient le 76% des 35.000 habitants d'avant-guerre.

Seule une action au niveau international peut contribuer à lever les obstacles qui bloquent à la fois les retours et le développement social et économique de Srebrenica .

    · La région de Srebrenica ne devrait plus être soumise à la "République serbe de Bosnie".

    · Karadzic et Mladic doivent être arrêtés et leurs réseaux de soutien démantelés.

    · Il faut encourager les survivants, qui tentent de refaire leur vie en Europe ou en Fédération, à      retourner dans
leur région.

Grâce à l'aide internationale et à quelques associations, dont celle d'Enfants Europe-Bosnie, (lancée par Yves Faucon), des réfugiés ont pu reconstruire leurs maisons, se procurer du matériel agricole, remettre en valeur leurs domaines, vendre sur les marchés locaux.

Après des années d'obstruction, le Mémorial de Potocari a pu être inauguré le 20 septembre 2003 et servira de sépulture pour les 8000 à 10.000 victimes du génocide de Srebrenica, au cours de cérémonies organisées chaque 11 juillet et réunissant plus de 40.000 personnes.

Malgré toutes les difficultés, la vie reprend.

 

L'INJUSTE SUBORDINATION DE LA REGION DE SREBRENICA

A LA "REPUBLIQUE SERBE DE BOSNIE"

7 mars 2005

1. POUR UNE INITIATIVE POLITIQUE DE LA SUISSE EN BOSNIE :

1.1. ANALYSE DU CONFLIT DE 1992-1995 :

La guerre menée par le pouvoir serbe de Milosevic contre la République de Bosnie-Herzégovine, au moment de la proclamation de son indépendance en avril 1992, a été présentée à l'opinion publique comme une guerre civile inter-ethnique.

L'ONU elle-même a soutenu cette thèse durant tout le conflit, sur la base de la prise de position des principaux Etats membres : les USA, la Russie, la Grande-Bretagne et la France. C'est pourquoi l'ONU a refusé de reconnaître le droit à l'auto-défense de ce pays dont la souveraineté a pourtant été reconnue par l'ONU et l'Union européenne en avril et mai 1992 et a maintenu à son détriment l'imposition de l'embargo sur les armes décrété en 1991.